Le château, une prison sans barreauw École de préservation, Cadillac, fonds Henri Manuel, années trente
L’exposition
« Le château, une prison sans barreaux ? Un patrimoine au secours des enfants de justice, XIXe-XXe siècles »

Créée et diffusée par le Centre d’exposition historique de la Protection judiciaire de la jeunesse

du 21 novembre 2007 au 29 février 2008
Centre d’exposition historique (PJJ 91)
CAE Ferme de Champagne
91605 Savigny-sur-Orge

Les têtes de chapitres
(1) Un patrimoine en déshérence
(2) Des châteaux pour mieux enfermer
(2a) Le château-prison (1890-1947)
(3) Une vie de château ?
(3a) Le château “familial” (1947-1970)
(4) Rêve de pierre et nostalgie de la baraque
(5) Écoles in situ
(6) Haro sur les indésirables !
(7) “Châteaux à vendre !”
(7a) Les anti-châteaux ? (1960-…)
(1) Un patrimoine en déshérence

La réutilisation des châteaux dans un but social est une tradition ancienne : depuis le XVIIe siècle, certaines demeures ancestrales sont transformées en hospices ou prisons. Avec la Révolution, la question se pose de manière plus massive : châteaux et abbayes étant vendus ou attribués à l’État, aux départements, aux municipalités ou à des particuliers.

Bien que les châteaux privés connaissent par ailleurs un âge d’or (transformations, améliorations et constructions nouvelles), l’érosion se poursuit au cours du XIXe siècle, de nombreuses propriétés étant léguées ou achetées par des œuvres charitables. À la fin de la Première guerre mondiale, le mouvement de réaffectation connaît un nouvel essor, alors même que la crise des grandes fortunes et la baisse des revenus agricoles entraînent l’arrêt des chantiers de construction ou de réparation.

Aucun château n’est édifié ou presque après 1918. Si la presse annonce de façon exagérée la fin de l’usage aristocratique des châteaux, les initiatives privées et publiques se multiplient pendant l’entre-deux-guerres dans le domaine social. Aux traditionnels orphelinats s’ajoutent les équipements de la croisade sanitaire contre la tuberculose : colonies de vacances, écoles de plein air, aériums, préventoriums et sanatoriums. Œuvres de bienfaisance, municipalités et services de l’État se disputent les occasions à saisir pour reconvertir ce patrimoine.

Après la Seconde guerre mondiale, la politique des dommages de guerre et l’affaiblissement de la propriété privée des grands domaines semblent accélérer ce processus, même si certains commencent à en questionner l’aspect fonctionnel. Tous justifient cette politique par l’opportunité foncière et financière. Mais était-ce si opportun et pour qui ? La remise en cause de l’usage des châteaux et de leur capacité d’adaptation à la fin des années 1960 donne tout son sens à cette question.

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Reportage photographique : installation de l'exposition
Reportage photographique : vernissage de l'exposition
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